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Revitalisation du Buffalon – Le regard de Jana Lelut
Depuis quinze ans, Jana Lelut œuvre au sein de l’Établissement Public Territorial de Bassin (EPTB) Vistre Vistrenque pour préserver les milieux aquatiques et améliorer la qualité de l’eau dans le sud du Gard. À travers le chantier de revitalisation du Buffalon, à Rodilhan, elle a piloté un projet d’envergure mêlant restauration écologique, prévention des inondations et réappropriation des berges par les habitants.
Quelle est la mission de l’EPTB Vistre Vistrenque et votre rôle au sein de cet établissement ?
Jana Lelut : Je suis chargée de projets de revitalisation et des questions liées à la biodiversité et à la qualité de l’eau au sein de cet établissement spécialisé dans la gestion des rivières et des eaux souterraines sur le territoire au sud du Gard. Nous gérons principalement le cours d’eau du Vistre, ses affluents, ainsi que la nappe souterraine de la Vistrenque, qui alimente 150 000 personnes en eau potable.
Quelles étaient les problématiques identifiées et les objectifs de ce projet de revitalisation ?
Jana Lelut : La revitalisation du Buffalon est un projet de longue haleine, engagé il y a une dizaine d’années. Nous avions constaté que ce cours d’eau était de très mauvaise qualité, pauvre en biodiversité, et qu’il contribuait à aggraver les crues et les inondations. L’objectif principal était donc de redonner suffisamment d’espace à la rivière et de retrouver le tracé naturel du chenal. Dix-sept kilomètres de rivière avaient déjà été revitalisés et il fallait aussi raccorder les différents tronçons afin d’assurer une continuité écologique entre les secteurs restaurés. Le Buffalon constituait, en effet, un chaînon manquant entre une partie restaurée en amont et plusieurs kilomètres en aval, réhabilités par le passé.
Le lit du Buffalon parcourt une plaine agricole, en périphérie urbaine de Nîmes, traversée par des axes routiers, des autoroutes et des voies ferrées. Il n’existait aucune continuité de promenade ni de cheminement accessible au public. Nous devions donc également recréer un lieu de vie accueillant, à la fois pour la biodiversité et pour les habitants. Nous sommes aujourd’hui ravis d’avoir pu mener à bien ces travaux.
Quelles ont été les grandes étapes du chantier ?
Jana Lelut : Après une longue étape d’études, le projet a été découpé en trois phases : le terrassement du nouveau chenal du Buffalon et le remblaiement de l’ancien, la végétalisation et enfin la réalisation d’une voie verte tout le long des nouveaux méandres. Mon rôle, en tant que cheffe de projet, a consisté à orchestrer les différents travaux, pour que l’opération se déroule le mieux possible et dans le respect des délais. L’ensemble des missions a été sous-traité à des bureaux d’études, maîtres d’œuvre et entreprises, mais en tant que maître d’ouvrage, nous devions également valider les comptes-rendus et factures, tout en assurant la fluidité de la communication entre la commune, nos prestataires extérieurs, et les collectivités partenaires.
Quelle a été la mission de VINCI Construction sur ce chantier ?
Jana Lelut : Nous avons lancé un appel d’offres qui comportait les trois lots. Ensuite, étant soumis aux règles du code des marchés publics, nous avons réalisé, avec le maître d’œuvre RIPARIA associé au bureau d’études VDI, une analyse des candidatures. En fonction des critères et des notes attribuées, nous en avons retenu trois, dont Terélian sous la marque Equo Vivo pour la réalisation des travaux du lot n° 1. Nous avons finalement choisi Terélian car c’était l’entreprise la plus habilitée à réaliser les nombreuses missions qui composaient ce premier lot. Nous l’avons divisé en plusieurs tronçons pour créer sur chacun d’eux, un nouveau chenal, stocker les terres et évacuer l’excédent, puis réaliser le raccordement du cours d’eau. C’est-à-dire faire passer la rivière de l’ancien chenal au nouveau, puis remblayer le premier qui a aujourd’hui disparu.
Un travail a également dû être mené sur la gestion des espèces envahissantes, comme la canne de Provence. Terélian a dû effectuer un décapage en profondeur. Les rhizomes ont été broyés et enterrés. Deux ouvrages ont été déconstruits pour en créer des nouveaux, tout en gérant les travaux de déplacement de réseaux, notamment pour une ligne à haute tension souterraine, et de contournement d’une canalisation de gaz. Une ligne basse tension a aussi été enterrée sous le Buffalon. Au total, la réalisation de ce lot de chantier aura duré neuf mois.
Comment s’est passée ce partenariat avec les équipes de VINCI Construction ?
Jana Lelut : Je suis ravie du déroulement du chantier avec les experts de Terélian, car nous avons tous été à l’écoute les uns des autres, et nous sommes, à chaque fois, parvenus à trouver des solutions. Nous nous appelions très régulièrement dès qu’il y avait des besoins. Il n’y a eu ni tensions ni différends entre nos entités. Et ce que j’apprécie tout particulièrement, c’est la qualité des finitions, réalisées avec grand soin par les équipes. Le chantier a été bien mené et livré dans de bonnes conditions.